jeudi 24 novembre 2011

Éloge de la modération

Agriculteur d'origine algérienne et homme politique, Pierre Rabhi défend un mode de société plus respectueux des populations et de la terre et soutient l'agroécologie. Il livre dans son dernier ouvrage une fine analyse de nos maux actuels et un vibrant témoignage de son engagement. Quant à Jean-Baptiste de Foucauld, haut fonctionnaire français, chrétien de gauche et ancien commissaire au Plan, il fustige la quête illusoire du toujours plus. Les deux prônent la modération pour plus de justice et de créativité.

L'un parle de sobriété heureuse, l'autre d'abondance frugale. Le premier, Pierre Rabhi, en a fait un mode de vie. Le second, Jean-Baptiste de Foucauld, une conviction ancrée dans l'action. Tous deux sont des militants d'une nouvelle forme de société où l'humain serait enfin réhabilité. Leur constat est sans appel : la crise que nous vivons n'a rien de vraiment étonnant. Ni simplement financière, ni juste économique, cette crise est devenue au fil du temps systémique. Pour Jean-Baptiste de Foucauld nous sommes confrontés simultanément à cinq crises. En premier lieu, celle du sens, « l'individu n'ayant plus pour référence que lui-même et ses satisfactions », et pour boussole le développement économique. Sociale aussi, où toute mésentente, même mineure, vaut rupture et où les plus fragiles n'ont plus leur place. Écologique évidemment, par un fossé qui ne cesse de se creuser entre la conscience et les actes. Enfin financière et économique, sous forme de gouttes d'eau qui font déborder le vase, « symptômes avancés d'une société marquée par l'excès ».
Résultat : la satisfaction des désirs étant devenue normale, symétriquement, c'est l'insatisfaction qui choque. Pire : les désirs excèdent désormais les possibilités de les assouvir, rendant la situation sociale explosive. Et les deux auteurs de n'entrevoir qu'une seule solution : revoir notre mode de vie. « Le principe d'abondance frugale et solidaire, déclinable à tous les niveaux, doit servir de clé pour sortir par le haut de ce dédale de contradictions », écrit Jean-Baptiste de Foucauld. Il conseille de « revisiter les pactes faustien et prométhéen avec le marché », de redécouvrir la notion de limite. Pour Pierre Rabhi, nous en sommes aux balbutiements : « Une pensée nouvelle provoquée par l'échec de Prométhée est en train de naître avec la prise en compte de réalités écologiques et sociales de plus en plus dramatiques. » Il veut croire en notre capacité de dépasser « cette mortelle fascination pour l'argent et la technologie, cette rationalité sans âme d'un monde propice à l'ennui et au désabusement, pour renouer avec la sensibilité et l'intuition ». La solution revient à quitter notre dépendance à la modernité : « La prolifération d'outils semble en fait avoir pour seul but de nous rendre la frénésie supportable, alors qu'il serait impératif de la remettre en question comme l'anomalie majeure qu'elle est », dénonce Pierre Rabhi.
On redoute les pièges du discours moralisateur et simpliste, du « c'était mieux avant », de l'apologie de l'austérité, de la résignation fataliste. Il n'en est rien. Les deux penseurs les évitent soigneusement avec force arguments et analyses, sans jamais négliger la complexité de la situation. Faisant preuve à la fois de sagesse et de lucidité, ils proposent un nouvel élan pour rééquilibrer la machine infernale. Hiérarchiser les désirs, distinguer le fondamental de l'accessoire et rendre effectif le droit égal au désir légitime de chacun, voilà un début de programme. « Le désir humain est trop porté actuellement sur les satisfactions matérielles et symboliques tirées de l'activité professionnelle et il a trop négligé ces deux autres dimensions essentielles du désir que sont les dimensions relationnelles et spirituelles », défend Jean-Baptiste de Foucauld. Rappelant les limites imposées par la constitution de la planète Terre, Pierre Rabhi répond en écho que le principe de croissance économique infinie est désormais absurde et irréaliste.
Dès lors il va nous falloir répondre à la question qui fâche : « Travaillons-nous pour vivre ou vivons-nous pour travailler ? » Savoureuse, l'anecdote que nous conte à ce sujet Pierre Rabhi, lorsqu'il s'engage en 1961 avec sa femme Michèle dans le projet de développer une exploitation agricole dans les Cévennes. Les voilà qui tombent sous le charme de 4 hectares de garrigue sèche et rocailleuse, déconcertant d'emblée le directeur de l'agence du Crédit Agricolegricole consulté pour un prêt. Celui-ci, désireux de les aider, propose alors 40 hectares dans une plaine fertile assortis d'un prêt de 400.000 francs pour une exploitation où, dit-il, « ils feront de l'argent », plutôt que les 15.000 francs réclamés, avec lesquels ils « feront périr leur famille ». Si la famille Rabhi réussit à obtenir son prêt, elle a échoué à faire entendre au banquier de l'époque, gagné à l'idéologie du productivisme agricole, que la beauté du lieu, son silence et sa lumière représentaient des valeurs inestimables au point de déterminer leur choix en dépit de critères agronomiques défavorables. Ils y vivent depuis quarante-cinq ans, ayant dès lors opté pour une « heureuse sobriété ». Vivant témoignage du caractère fallacieux de la réussite sociale telle qu'elle est aujourd'hui présentée et de ses corollaires, l'excellence et la compétitivité.
Comment ne pas souscrire alors avec enthousiasme à cette leçon d'humanité, à ce projet collectif dans lequel chacun doit retrousser ses manches ? Mais difficile de suivre le chemin esquissé par les deux auteurs. Ils nous demandent de changer de paradigme, non de renoncer à l'abondance, mais d'en convertir le sens, et de s'engager dans la frugalité. En clair, selon Jean-Baptiste de Foucauld, un plein emploi de qualité, à temps choisi, avec une bonne protection sociale et un environnement hospitalier. Et pour Pierre Rabhi, entretenir l'indignation pour ne tomber ni dans l'indifférence ni dans la fatalité, s'exercer au libre arbitre, mettre en place un art de vivre personnel fondé sur l'autolimitation. Enfin et surtout, développer une pédagogie de l'être qui permette aux enfants de naître à eux-mêmes et abolir ce climat de compétition qui leur donne l'impression que le monde est une arène, physique et psychique, produisant l'angoisse d'échouer au détriment de l'enthousiasme d'apprendre. Il est urgent de lire ces deux ouvrages pour y découvrir que l'initiation à la modération est source de joie, plus sûrement que nos appartements et nos penderies saturés. La satisfaction devenant plus accessible, elle abolit la frustration que produit pernicieusement le toujours plus. CQFD. Sophie Péters
« L'Abondance frugale. Pour une nouvelle solidarité », de Jean-Baptiste de Foucauld. Éditions Odile Jacob (288 pages, 23 euros).
« Vers la sobriété heureuse », de Pierre Rabhi. Éditions Actes Sud (144 pages, 15 euros).

La frugalité heureuse : chemin pour l’avenir de l’homme

               La frugalité heureuse : chemin pour l’avenir de l’homme

 Le théologien catholique Maurice Bellet,  remarque que les sociétés du Nord vivent selon un double principe :
  • le principe technologique selon lequel, tout ce qui est possible, nous le ferons ;
  • le principe économique selon lequel, tout ce qui nous fait envie, nous l’aurons.
Ce double attrait pour la toute puissance et la possession engendre un développement sans limites aux effets pervers nombreux et dramatiques, parmi lesquels une destruction accélérée de l’environnement et la misère du plus grand nombre.

Dans un monde fini, il y a un rapport direct entre la consommation des uns et le manque des autres. La richesse des uns a un revers : la misère des autres.
La société de consommation érigée comme une fin en soi et oublieuse du bien commun, apparaît comme une violence majeure. Toute appropriation  qui ne correspond pas à un vrai besoin est un détournement, donc un vol.
St Jean Chrysostome, évêque de Constantinople au IVème siècle, cité  par le Catéchisme de l’Eglise catholique, disait : « ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs. »
L’Eglise en arrive à considérer comme moralement inacceptable toute pensée économique dont la finalité n’est pas la destination universelle des biens ; un tel système relève tout bonnement  du septième commandement qui condamne le vol.

            Le souci de la justice la plus élémentaire impose de remettre en cause le double principe évoqué par Maurice Bellet et qui fonde, de fait, la pensée unique.

Deux axes s’imposent :
  • sur le plan collectif, remettre en cause le modèle de développement et les modes de vie dominants ;
  • sur le plan individuel, témoigner par un engagement personnel fort. L’engagement pour une frugalité heureuse est un moyen pertinent pour dire  « non » à cette forme de violence.

                         

Une sobriété juste

« Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » affirmait Gandhi-dji : souci de justice et  lutte contre la pauvreté sont déterminants dans le choix de la frugalité.
  • Puisqu’il y a un rapport direct entre la surconsommation des uns et la sous-consommation des autres.
  • Puisque consommer et dépenser sans discernement, en refusant d’en voir  les conséquences, c’est se fermer, même inconsciemment, à la nécessaire justice pour tous.
  • Alors, aller à contre-courant d’une consommation sans retenue apparaît comme un véritable moyen de résistance à l’injustice.

Une sobriété « politique »
La frugalité est une manière très concrète de vivre la solidarité avec les pauvres. Elle devient « politique » quand elle s’affirme comme une contestation du système de répartition des richesses et qu’elle se veut recherche de solutions et initiatives collectives alternatives. 
Dans le contexte actuel de mondialisation, d’ultralibéralisme, de menaces sur l’environnement,  l’enjeu apparaît d’importance en mettant l’accent sur un autre modèle de développement, qui ne passe plus par l’acquisition sans fin de biens, on cesse aussi de faire désirer  un mode de vie  qui n’est pas généralisable.

                         

 Une sobriété libératrice

Choisie librement, la sobriété conduit  à marquer une rupture à l’égard de toute richesse poursuivie pour elle-même. Dans la mesure où elle nécessite un  discernement pour user des choses en conscience et en vérité, elle devient un instrument de libération par rapport aux « idoles » de la société de consommation. Et permet des prises de conscience.
Et si la sobriété n’était pas restriction mais libération ?  
Et si la pauvreté recherchée était une richesse ?  Celle d’être libre et disponible à ce à quoi le cœur humain aspire au plus profond de lui-même ?
Et s’il était vrai qu’il y a une misère des riches ? Jésus ne craint pas d’affirmer qu’« Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au Royaume des Cieux » (Mt 19,24)
Dans cet esprit, la sobriété apparaît comme une démarche spirituelle qui nous permet de porter plus loin le regard. Vécue comme un détachement et une libération des faux besoins, elle favorise aussi la disponibilité et le dynamisme nécessaires pour se tenir aux côtés de tous ceux qui sont démunis et écrasés par l’injustice.

Un engagement moral

Le choix de la frugalité est en lien avec le refus d’un « péché capital » : la gourmandise qu’il faut éviter de limiter aux excès alimentaires. Comme les autres péchés capitaux, la gourmandise, en nous centrant sur nous-mêmes, nous conduit à ignorer les besoins des autres. Les dérives dans lesquelles elles entraînent nous détruisent physiquement, nous détournent des vraies valeurs et nous enferment dans des besoins futiles dont les autres sont exclus.
Renoncer aux consommations inutiles est donc une manière de vivre de plus près l’Évangile et de renouer avec les traditions les plus anciennes de l’Église.

Une sobriété heureuse

La première des béatitudes évangéliques associe  bonheur et  pauvreté (Mt 5,3). La pauvreté n’est pas la misère qu’il convient de combattre, c’est pour cela sans doute que Matthieu, contrairement à Luc, parle de pauvreté de cœur. Une pauvreté subie ne rend pas heureux, il faut au moins quelle soit assumée et de préférence choisie. Mais l’inverse est problématique : celui qui prétend être pauvre de cœur sans se méfier de ses richesses et sans les partager peut être accusé d’hypocrisie. La sobriété se situe du côté de la pauvreté quand elle est partage. Et donc du bonheur. Et donc de la fête. Il est remarquable que les plus belles fêtes, celles qui témoignent du respect et de la convivialité, ne mettent pas l’accent sur l’avoir.
Il faudrait éviter de confondre la frugalité avec la seule privation. Refuser les plaisirs et les moyens de s’épanouir risque de conduire à l’acédie, un autre péché capital (à ne pas  confondre avec la paresse) et qui se caractérise par la perte du goût de la vie et des richesses spirituelles. Le but n’est pas de casser en nous l’envie de se dépasser et d’aimer, le désir de grandir dans la sainteté, d’exister comme personne, bien au contraire. La sobriété qui est méditation sur la nature réelle des besoins et des désirs ouvre des perspectives sur ce qui est capable de combler vraiment nos aspirations profondes.

 Un appel à la sobriété qui n’est pas réservé aux riches

La pauvreté peut enfermer elle-aussi quand elle ne s’ouvre pas sur la solidarité et Jésus a fait l’éloge de la veuve pauvre qui a donné de son nécessaire quand d’autres se contentent de lâcher un peu de leur superflu (Marc 12, 42-44). Avec l’âge vient aussi la tentation du repliement sur soi, sur ce que l’on a appris, sur des pratiques anciennes. Les jugements sur ce que font les autres deviennent un obstacle à l’amour partagé. L’ouverture à la nouveauté est alors une sorte de frugalité et la pingrerie ne saurait être confondue avec une vertu.
La frugalité est un renoncement choisi ou assumé. Elle ne prend toutes ses dimensions que quand elle se vit dans l’ouverture et le respect de la Création.

Une sobriété exigeante

Il n’y a pas de justice sociale sans remise en cause personnelle.  Il en résulte la nécessité de changer de regard, de faire des « expériences avec la vérité », d’engager toute sa vie. La sobriété ne consiste pas seulement à faire des économies  mais à s’interroger sur le superflu, le nécessaire, les conséquences sociales et environnementales de la consommation ; d’où un nécessaire travail de discernement.

  • Mes achats correspondent-ils à un besoin ?
  • Quels sont mes critères d’achats (provenance des produits, commerce équitable, produits éthiques, petits producteurs, artisans, commerçants…) ?
  • Quelle est ma responsabilité dans l’usage que je fais des biens (eau, déplacements, utilisation du matériel, soins médicaux…) ?
  • Comment gérer les placements (fonds de partage gérés par une société financière coopérative à but non lucratif),  les biens immobiliers ?
  • Quels sont les partages que je juge essentiels ? Et ceux qu’il me reste à faire !
  • De quoi ai-je besoin de me libérer pour vivre plus de solidarité ?

Et si ce travail de discernement, de réflexion, d’analyse, de confrontation, de choix de nos modes de gestion et de consommation se fait collectivement, alors la sobriété est aussi créatrice de lien social et de convivialité.

Tel nous apparaît l’engagement vers plus de sobriété, fait de tempérance, de modération, de retenue, de frugalité, de simplicité, de mesure ; tel il nous apparaît, capable de contribuer à l’instauration de plus de justice.

Ce texte s’inspire d’un document élaboré par la commission Non-Violence de Pax Christi France

dimanche 20 novembre 2011

Benoit XVI et LE RESPECT DE LA CRÉATION ET DE L'ÉCOSYSTÈME


79. Avec les Pères du Synode, j’invite tous les membres de l’Église à œuvrer et à plaider en faveur d’une économie soucieuse des pauvres et résolument opposée à un ordre injuste qui, sous prétexte de réduire la pauvreté, a souvent contribué à l’aggraver.[120] Dieu a donné à l’Afrique d’importantes ressources naturelles. Face à la pauvreté chronique de ses populations, victimes d’exploitation et de malversations locales et étrangères, l’opulence de certains groupes choque la conscience humaine. Edifiés pour la création de richesses dans leurs propres nations et souvent avec la complicité de ceux qui exercent le pouvoir en Afrique, ces groupes assurent trop souvent leur propre fonctionnement au détriment du bien-être des populations locales.[121] Agissant en collaboration avec toutes les autres composantes de la société civile, l’Église doit dénoncer l’ordre injuste qui empêche les peuples africains de consolider leurs économies[122] et « de se développer selon leurs caractéristiques culturelles ».[123] Il est, en outre, du devoir de l’Église de lutter pour « que chaque peuple puisse être lui-même le principal artisan de son progrès économique et social[…] et puisse prendre part à la réalisation du bien commun universel comme membre actif et responsable de la société humaine, sur un plan d’égalité avec les autres peuples ».[124]
80. Des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. De graves atteintes sont portées à la nature et aux forêts, à la flore et à la faune, et d’innombrables espèces risquent de disparaître à tout jamais. Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.[125] J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures[126] et pour la paix entre les populations.

Extraits de l'exhortation apostolique Africae Munus du Pape Benoit XVI (novembre 2011)

mercredi 12 octobre 2011

Prochaine rencontre des délégués des groupes avec l'équipe de pilotage le 24 novembre 2011 au Centre Louis Beaulieu

L'équipe de pilotage du chantier écologie réunira les délégués des différents groupes du diocèse qui ont travaillé au chantier écologie, le jeudi 24 novembre à 15 h 00 et/ou à 20 h 00 au Centre Louis Beaulieu.

Au programme :
Relecture du parcours accompli. Que pouvons nous dire des fruits de nos initiatives autour du thème du respect de l’environnement  ? Qu'est-ce qu'elles ont suscité du côté de la mission ? Quelles rencontres ont-elles suscitées au-delà de nos groupes habituels ? Que retenons-nous ? Quels sont les thèmes qui ont permis la rencontre et le dialogue avec nos contemporains ? Quelles sont les réactions suscitées ?

Travail autour du thème de "la frugalité heureuse", en vue de proposer une fiche pour aborder ce thème dans nos communautés à l'occasion du carême 2012.

Les perspectives d’une nouvelle année pastorale

Nous poursuivons notre parcours missionnaire diocésain. Où en sommes-nous ?... 
Chaque secteur pastoral, service ou mouvement est entré dans une nouvelle année pastorale. Des Journées de rentrée ont été programmées, des perspectives d’action ont été précisées et des dates arrêtées. Sur le plan du diocèse, nous poursuivons notre parcours missionnaire diocésain. Où en sommes-nous ?

J’en rappelle tout d’abord les enjeux et les étapes.

Etapes et enjeux de notre parcours missionnaire diocésain
Ce parcours a pour ambition de faire grandir en nous et dans nos communautés le dynamisme missionnaire. L’Église n’est pas un club religieux qui ne se préoccuperait que des besoins de ses propres membres. Elle est cette communauté apostolique, cette « foule immense » ou ce « petit troupeau » selon les jours, que le Christ a chargé d’une Bonne Nouvelle qui concerne tous les hommes. Aujourd’hui, dans une société pluraliste, indifférente, mais où ne manquent   ni les questionnements éthiques ni les attentes spirituelles, des initiatives nouvelles sont à prendre pour partager avec d’autres la joie et l’espérance qui donnent saveur à notre vie. La nouvelle évangélisation, dont on parle beaucoup ces temps-ci et qui sera le thème du prochain Synode romain au mois d’octobre 2012, n’est pas d’abord une affaire de stratégie pastorale mais une question de vigueur dans la foi et d’audace missionnaire. Rappelons-nous ce qu’écrivait le pape Jean-Paul II en 2001 : « À maintes reprises, j'ai répété ces dernières années l'appel à la nouvelle évangélisation. Je le reprends maintenant, surtout pour montrer qu'il faut raviver en nous l'élan des origines, en nous laissant pénétrer de l'ardeur de la prédication apostolique qui a suivi la Pentecôte. Nous devons revivre en nous le sentiment enflammé de Paul qui s'exclamait: « Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile! » (1 Co 9,1). Cette passion ne manquera pas de susciter dans l'Église un nouvel esprit missionnaire, qui ne saurait être réservé à un groupe de « spécialistes » mais qui devra engager la responsabilité de tous les membres du peuple de Dieu. Celui qui a vraiment rencontré le Christ ne peut le garder pour lui-même, il doit l'annoncer. Il faut un nouvel élan apostolique qui soit vécu comme un engagement quotidien des communautés et des groupes chrétiens » (Lettre apostolique Tertio Millenio ineunte, n° 40).

Notre parcours se déroule en quatre étapes.

La première nous a invités par la lecture du livre des Actes des Apôtres à contempler ce qu’est une Église qui jaillit de la Pentecôte et qui se laisse conduire par l’Esprit. Cette attitude spirituelle fondamentale doit nous accompagner tout au long de notre parcours.

La deuxième appelle notre Église à se mettre très concrètement au service de l’homme quand elle veut lui annoncer le salut qui vient de Dieu. Seul l’amour touche les cœurs. Avez-vous remarqué qu’avant d’inviter ses disciples à recevoir le don par excellence de son amour dans l’Eucharistie, le Christ commence par leur laver les pieds ? C’est en accueillant, en écoutant, en délivrant, en guérissant, en nourrissant que Jésus annonce l’amour du Père. Cette année, nous voulons nous mettre au service des hommes, des femmes, des enfants et des jeunes de notre temps, en leur partageant notre espérance et en apportant notre aide dans ces situations humaines aussi fondamentales que sont la famille, l’éducation, le souci de l’environnement et la solidarité. Le but de notre réflexion et de nos partages est moins d’agiter des idées que de voir de façon pratique ce que nous pouvons faire. A quels appels voulons-nous répondre ?

Après cette étape, la suivante sera consacrée à l’annonce renouvelée du don de Dieu aux hommes. Nous connaissons tous la parole de Jésus à la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu ». Cette parole, nous aurons à nous l’adresser à nous-mêmes et à l’adresser à ceux qui paraissent loin de nos assemblées. Nous sentons bien qu’une première annonce à ceux qui ne connaissent pas l’Évangile ou ont pris des distances avec l’Église devient pour nous une incontournable exigence apostolique.

Après cette troisième étape, il faudra dans une quatrième étape tirer les conséquences de tout cela pour l’animation et l’organisation de notre vie ecclésiale. Passer d’une Église de l’entretien tranquille de la foi à une Église beaucoup plus apostolique implique un certain nombre de choix pour la conduite et la structuration pratique de notre vie d’Église. Là aussi, nous nous mettrons à l’écoute de l’Esprit pour discerner ensemble les chemins sur lesquels le Seigneur nous appelle à marcher.

La suite du déroulement de notre deuxième étape

Spontanément, nous faisons coïncider une nouvelle étape avec une année pastorale nouvelle. Or, nous constatons qu’il faut parfois prendre plus de temps pour une étape et qu’il serait vraiment dommage d’avancer à marche forcée. C’est le cas de notre seconde étape. Il nous faut un peu plus de temps : des groupes continuent leur réflexion, il va falloir également ressaisir ce qui a été réfléchi et proposer des mises en œuvre plus opérationnelles. C’est pour cela que la deuxième étape durera jusqu’à Pâques 2012.

Elle se  poursuivra ainsi :
Les 15 et 16 octobre : Grande fête diocésaine des familles. Nous exprimerons par cette fête joyeuse et conviviale toute l’importance que nous accordons à la vie familiale, avec ses différentes générations. Nous verrons comment l’Évangile éclaire la vie familiale et nous prierons pour toutes les familles.
En octobre et novembre : nous terminerons notre réflexion sur les quatre chantiers dans les différents groupes qui se sont constitués pour les travailler.
Pendant le temps de l’Avent : nous mettrons en commun nos réflexions, nous les ressaisirons dans les ensembles pastoraux, nous définirons des pistes d’action.
Pendant le Carême, nous verrons quelles actions concrètes nous pouvons mener autour de nous, tout particulièrement dans les domaines du respect de l’environnement et de la solidarité.
A Pâques, clôture de cette deuxième étape. Ce qui aura été travaillé pourra avoir un prolongement dans l’opération nationale Diaconia 2013 dont nous aurons l’occasion de reparler.
Après Pâques : des propositions seront faites pour que nous puissions entrer à la rentrée 2012 dans la troisième étape de notre parcours.

Alors, bon travail à tous ! Je vous donne rendez-vous les 15 et 16 octobre prochains pour notre grande fête des familles. N’hésitez pas à inviter largement des familles autour de vous !

†  Jean-Pierre cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux
Évêque de Bazas
Éditorial de Mgr Ricard dans le dernier Aquitaine

jeudi 29 septembre 2011

Vers un changement des modes de vie, éléments de réflexion sur la sobriété heureuse

LE VŒU DE SOBRIETE, UNE RESISTANCE NON VIOLENTE

                     Nous sommes quelques-uns, dans le cadre de la « Commission Non-violence » de Pax Christi-France, à nous interroger sur une des violences majeures qui frappent les femmes et les hommes de ce temps : la violence économique. Le texte qui suit reprend certaines de nos réflexions et une proposition d’action.


Le théologien catholique Maurice Bellet,  remarque que les sociétés du Nord vivent selon un double principe :
le principe technologique selon lequel, tout ce qui est possible, nous le ferons ;
le principe économique selon lequel, tout ce qui nous fait envie, nous l’aurons.
Cette tension inextinguible engendre un développement illimité  aux effets pervers nombreux et dramatiques, parmi lesquels une destruction accélérée de l’environnement et la misère du plus grand nombre.

Dans un monde fini, il y a un rapport direct entre la consommation des uns et le manque des autres. Gandhi-dji l’avait bien compris.  A des proches l’interrogeant sur ce que sera l’Inde libérée : « Bapou, quand nous aurons obtenu notre indépendance, nous ferons comme les Anglais, nous développerons notre industrie, n’est ce pas ? », il s’était empressé de répondre :  « Pas du tout, car, voyez-vous, si l’Angleterre a besoin d’asservir la moitié de la planète pour asseoir sa prospérité, de combien de planètes un grand pays comme l’Inde aura t’il besoin ? »
La richesse des uns a un revers : la misère des autres.
La société de consommation érigée comme une fin en soi,  abstraction faite du bien commun, apparaît comme une violence majeure. Toute appropriation  qui ne correspond pas à un besoin est un détournement, donc un vol. C’est aussi ce que disait Gandhi-dji : « celui qui mange une pomme sans avoir faim, celui-là est un voleur. »
St Jean Chrysostome, évêque de Constantinople au IVeme siècle, cité  par le Catéchisme de l’Eglise catholique, tenait un discours similaire: « ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs. »
L’Eglise en arrive à considérer comme moralement inacceptable toute pensée économique dont la finalité n’est pas la destination universelle des biens ; un tel système relève tout bonnement  du septième commandement qui condamne le vol.

            Le souci de la justice la plus élémentaire impose de remettre en cause le double principe évoqué par Maurice Bellet et qui fonde, de fait, la pensée unique.  Le souci de la justice impose d’entrer en résistance.

Deux axes s’imposent, selon nous :
-          sur le plan collectif, remettre en cause le modèle de développement et les modes de vie dominants ;
-          sur le plan individuel, témoigner par un engagement personnel fort. Le vœu de sobriété, dont Gandhi-dji demandait la stricte application dans son Satyâgraha âshram, nous apparaît comme un moyen pertinent pour dire  non à cette forme de violence.

                         

                        Une sobriété juste

« Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre » affirmait Gandhi-dji : souci de justice et  lutte contre la pauvreté sont déterminants dans le choix de ce vœu.
Puisqu’il y a un rapport direct entre la surconsommation des uns et la sous-consommation des autres.
Puisque consommer et dépenser sans discernement, en  refusant d’en voir  les conséquences, c’est se fermer, même inconsciemment, à la nécessaire justice pour tous (les exemples sont nombreux, à commencer par les rapports  Nord/Sud…)
Alors, aller à contre-courant d’une consommation sans retenue apparaît comme un véritable moyen de résistance à l’injustice.

Une sobriété « politique »
La sobriété est une manière très concrète de vivre la solidarité avec les pauvres. Elle devient « politique » quand elle s’affirme comme une contestation du système de répartition des richesses et qu’elle se veut recherche de solutions et initiatives collectives alternatives. 
Dans le contexte actuel de mondialisation, d’ultralibéralisme, de menaces sur l’environnement,  l’enjeu apparaît d’importance :  en mettant l’accent sur un autre modèle de développement, qui ne passe plus par l’acquisition sans fin de biens, on cesse aussi de faire désirer  un mode de vie  qui n’est pas généralisable.

                         

                        Une sobriété libératrice

Choisie librement, la sobriété conduit  à marquer une rupture à l’égard de toute richesse poursuivie pour elle-même. Dans la mesure où elle nécessite un  discernement pour user des choses en conscience et en vérité, elle devient un instrument de libération par rapport aux « idoles » de la société de consommation. Et permet des prises de conscience.
Et si la sobriété n’était pas restriction mais libération ? 
Et si la pauvreté était une richesse ? 
Et s’il était vrai qu’il y a une misère des riches ? Jésus ne craint pas d’affirmer qu’« Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer au Royaume des Cieux » (Mt 19,24)
Dans cet esprit, la sobriété apparaît comme une démarche spirituelle qui nous permet de porter plus loin le regard. Vécue comme un détachement, elle favorise aussi la disponibilité et le dynamisme nécessaires pour se tenir aux côtés de tous ceux qui sont démunis et écrasés par l’injustice.

                        Une sobriété heureuse

La première des béatitudes évangéliques associe  bonheur et  pauvreté (Mt 5,3). La pauvreté n’est pas la misère qu’il convient de combattre : « Supprimez la misère et cultivez la pauvreté » disait encore Gandhi-dji. La sobriété se situe du côté de la pauvreté. Et donc du bonheur. Et donc de la fête. Il est remarquable que les plus belles fêtes, celles qui témoignent du respect et de la convivialité, sont toujours celles où l’être prime sur l’avoir. 
La sobriété qui est méditation  sur la nature réelle des besoins et des désirs ouvre des perspectives sur ce qui est capable de combler vraiment nos aspirations profondes.

                        Une sobriété exigeante

Il n’y a pas de justice sociale sans remise en cause personnelle.  Il en résulte la nécessité de changer de regard, de faire des « expériences avec la vérité », d’engager toute sa vie. 
La sobriété ne consiste pas seulement à faire des économies  mais à s’interroger sur le superflu, le nécessaire, les conséquences sociales et environnementales de la consommation ; d’où un nécessaire travail de discernement.
Mes achats correspondent-ils à un besoin ?
Quels sont mes critères d’achats (commerce équitable, produits éthiques, petits producteurs, artisans, commerçants…) ?
Quelle est ma responsabilité dans l’usage que je fais des biens (eau, déplacements, utilisation du matériel, abus des soins médicaux …) ?
Comment gérer les placements (fonds de partage gérés par une société financière coopérative à but non lucratif),  les biens immobiliers ?
Autant de questions qui demandent l’élaboration d’une grille de réflexion sur la consommation.
Et si ce travail de discernement, de réflexion, d’analyse, de confrontation, de choix de nos modes de gestion et de consommation se fait collectivement, alors la sobriété est aussi créatrice de lien social et de convivialité.

Tel nous apparaît  le vœu de sobriété, fait de tempérance, de modération, de retenue, de frugalité, de simplicité, de mesure ; tel il nous apparaît, capable de contribuer à l’instauration de plus de justice.

vendredi 23 septembre 2011

Lors de son voyage en Allemagne le Pape Benoit XVI parle de nouveau d'écologie

"L’apparition du mouvement écologique dans la politique allemande à partir des années soixante-dix, bien que n’ayant peut-être pas ouvert tout grand les fenêtres, a toutefois été et demeure un cri qui aspire à l’air frais, un cri qui ne peut pas être ignoré ni être mis de côté, parce qu’on y entrevoit trop d’irrationalité. Des personnes jeunes s’étaient rendu compte qu’il y a que chose ne va pas dans nos relations à la nature ; que la matière n’est pas seulement un matériel pour notre faire, mais que la terre elle-même porte en elle sa propre dignité et que nous devons suivre ses indications. Il est clair que je ne fais pas ici de la propagande pour un parti politique déterminé – rien ne m’est plus étranger que cela. Quand, dans notre relation avec la réalité, il y a quelque chose qui ne va pas, alors nous devons tous réfléchir sérieusement sur l’ensemble et nous sommes tous renvoyés à la question des fondements de notre culture elle-même. Qu’il me soit permis de m’arrêter encore un moment sur ce point. L’importance de l’écologie est désormais indiscutée. Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence. Je voudrais cependant aborder encore avec force un point qui aujourd’hui comme hier est largement négligé : il existe aussi une écologie de l’homme. L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté. L’homme n’est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L’homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature, et sa volonté est juste quand il écoute la nature, la respecte et quand il s’accepte lui-même pour ce qu’il est, et qu’il accepte qu’il ne s’est pas créé de soi. C’est justement ainsi et seulement ainsi que se réalise la véritable liberté humaine."

Discours de Benoît XVI au parlement de Berlin

lundi 19 septembre 2011

"LA TERRE ET NOUS" le samedi 24 septembre 2011 de 10 h 00 à 17 h 00 à la Solitude de MARTILLAC

Centre Spirituel la Solitude
à Martillac
« La terre et nous… »
              
Le samedi 24 septembre 2011
 de 10h00  à 17h00
 
Avec Ateliers pour les enfants

« Chaque créature, depuis l’ange et l’homme, jusqu’à l’amibe ou la roche de cristal, même si elle n’est pas animée par l’esprit participe à l’Être de Dieu, a sa valeur propre, est un sujet nécessaire au concert de la création »

Michel Hubaut (Approche franciscaine de l’Ecologie)

Cette journée est une participation au chantier diocésain: Ecologie et sauvegarde de la Création.
« La question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que laisse entrevoir la dégradation environnementale; elle doit surtout constituer une forte motivation pour une solidarité authentique de dimension mondiale. »(compendium n° 486)
Durant cette journée, nous sommes invités à « redécouvrir nos profondes connivences, notre parenté d’origine avec l’ensemble de la création. »

Ce week-end sera animé par
l’équipe du Centre Spirituel de la Solitude

Buffet champêtre 10€ + 5 € Participation à la journée
Enfants de moins de 12 ans : 5 €  +  5 € Participation à la journée
 
N’HESITEZ PAS A DEMANDER DES INFORMATIONS
ET BULLETINS D’INSCRIPTION

29 route de la Solitude
33650 MARTILLAC
Tel 05  56  72  71  10

                                                        

jeudi 1 septembre 2011

Quand les religions s’unissent pour le développement durable

Un fait d’actualité de cet été est passé relativement inaperçu. Et pourtant, il est de la plus haute importance. Pour la paix entre les religions, d’une part, et la protection de l’environnement, d’autre part : des dirigeants des trois grands cultes monothéistes se sont en effet réunis à Jérusalem pour lancer une campagne en faveur de l’écologie. Il faut dire aussi que l’islam, le judaïsme et le christianisme ont leur mot à dire sur le sujet…

« Selon les premiers chapitres de la Genèse, le devoir originel imposé au premier homme et à la première femme est non seulement de développer la Terre, mais aussi de la protéger » (David Rosen, rabbin)
Trouver la force et la motivation pour défendre l’environnement dans la foi : voilà l’idée du « Centre inter-religieux pour le développement durable », créé fin juillet à Jérusalem par des représentants des trois grandes religions monothéistes. « Nous devons étudier ensemble les problèmes écologiques, car nous partageons un destin commun. Si la Terre est polluée, cela touchera aussi bien les musulmans que les chrétiens et les juifs », a fait valoir l’évêque catholique romain William Shomalie.

Aussi, il est prévu qu’une conférence internationale réunissant les « leaders religieux » de l’islam, du judaïsme et du christianisme (notamment du catholicisme et du protestantisme) soit organisée en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en 2012. Objectif : promouvoir le développement durable dans le monde, ce qui serait un formidable coup de pouce pour le concept, étant donné l’aura et les réseaux des grandes religions.

L’autre projet du Centre inter-religieux, c’est « lancer une campagne en Amérique du Nord pour sensibiliser les enseignants des religions musulmane, chrétienne et juive, ainsi que ceux du bouddhisme et de l’hindouisme, aux problèmes écologiques dans la perspective de la foi », a expliqué le rabbin Yonatan Neril. Un communiqué a par ailleurs été émis, dans lequel l’ensemble des croyants et leurs dirigeants politiques sont appelés à « adopter des mesures fortes, et dont l’efficacité a été scientifiquement prouvée, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et éviter ainsi les graves dangers d’une crise climatique majeure ».

Ecologie et religions : un lien sacré

Même si l’environnementalisme tarde à être adopté par les grands cultes monothéismes, il n’est cela dit pas vraiment étonnant que les religions prennent la parole sur le sujet : « Selon les premiers chapitres de la Genèse (le premier livre de la Torah, Bible hébraïque ou Ancien Testament, ndlr), le devoir originel imposé au premier homme et à la première femme est non seulement de développer la Terre, mais aussi de la protéger », a en effet rappelé le rabbin David Rosen, appuyé par le vice-ministre pour les Affaires religieuses de l’Autorité palestinienne Haj Salah Zuheika.

L’islam, de son côté, peut d’ailleurs s’appuyer sur plus de 300 versets du Coran traitant des questions écologiques. Parmi eux : « Mangez et buvez des dons que Dieu vous a octroyé ; ne semez pas le trouble sur la Terre ! » (Sourate 2, verset 60). Quant à la religion catholique, elle peut compter sur l’engagement de Benoît XVI en la matière, qui suit la voie de son prédécesseur Jean-Paul II. Multipliant les appels à la « responsabilité écologique », le pape voit dans le développement durable un facteur décisif de paix dans le monde : « C’est un objectif partagé par tous, une condition indispensable à la paix, que de contrôler les ressources naturelles de la Terre avec justice et sagesse », avait-il par exemple déclaré lors de ses vœux pour le nouvel an 2010.
Yann Cohignac tiré de developpementdurable.com